En 1944, le 6 juin au matin, des milliers d'hommes ont débarqué sur les plages normandes. Dans ces biens sombres instants, même Dieu leur semblait hostile : pourquoi eux ? pourquoi maintenant ? De très nombreux gaillards avaient laissés au pays leur toute jeune épouse et leur(s) enfant(s) qui parfois venai(en)t de naître... Et ils étaient là seuls, seuls avec les cris des officiers, n'ayant plus la force de supporter la masse de leur équipement tant leurs jambes tremblaient. Seuls, avec le clapoti agressif de la pluie et des vagues, seuls avec l'odeur de pétrole, d'huile, des vomissements des camarades et bientôt l'odeur du sang. C'était la tempête. La peur les prenait jusqu'au plus profond de leurs entrailles : et s'ils ne revenaient pas ? Eux, âgés de 20 ou 30 ans, au début de leur vie ? Qu'allaient devenir leur famille, leur femme, sans eux ? Aveuglés par la pluie et l'intense luminosité des éclairs, ils entendaient alors les sirènes, les cris : on arrivait en vue des plages. Le désespoir était au plus haut : certains allaient se faire massacrer. Dans l'aurore, se distinguaient les défenses allemandes au travers du rideau de pluie. Depuis la tempête se révélaient à leurs yeux les masses sombres, difformes et fantômatiques qu'ils allaient avoir à combattre. Au dehors des barges, le crépitement ininterrompu des mitrailleuses et autres semeurs de mort avait débuté, paralysant littéralement de peur ces pauvres bougres. On sentait l'odeur malsaine de la mort pénétrer au plus profond de ces êtres qui allaient se jeter à corps perdu dans une lutte sans merci.
Nous avons un devoir de mémoire à accomplir envers tous ces jeunes gens dont la mort et les souffrances ont permis notre liberté actuelle. Car toute cette détresse, toutes ces atrocités, toute cette horreur et tout ces morts, ce fut le départ du renversement d'un dictateur sans merci, arbitraire, terrible, d'une fureur et d'une folie à faire pâlir le commun des mortels. Tous ces soldats sont allaient se battre : non par patriotisme, ce n'était pas leur nation. Non par égoïsme, puiqu'ils n'avaient aucun bénéfice à y aller, bien au contraire. Non par orgueil, car ils étaient tous concients du danger omniprésent. Pensons-y : nous devons gratifier de notre reconnaissance tous ces gens qui n'avaient en fait que leur vie à perdre. Qui ne s'est pas sentit quelque peu nostalgique et mélancolique devant les imposants cimetières militaires, où chaque croix représentent un père, un fils, un frère ? Ces croix s'étendent à perte de vue. En mémoire de tous ces gars tombés pour nous, nous avons un devoir moral. Toutes les générations actuelles et futures doivent et devront être concientes de leur chance : vivre dans un monde libre. Grâce à eux. N'oublions jamais tous ces HEROS morts pour nous , la FRANCE et la liberté, notre liberté!!